Au-delà des mots...

Au-delà des mots...
Regarder le monde

lundi 10 décembre 2018

L'homme qui n'a pas peint de chevaux

Tout l'intérêt d'un blog, selon moi, est de se poser des questions que personne ne se pose... et sur lesquelles je n'ai pas de réponse !
La fantaisie de laisser son esprit voleter d'idée en idée, de rencontre en rencontre.
Aussi, de la merveilleuse exposition Country Life, qui a fermé ses portes le 2 décembre au musée de la chasse et de la nature à Paris, à la délicieuse biographie de Jean-Jacques Audubon par Henri Gourdin, me suis-je posé une question fondamentale : pourquoi ce naturaliste franco-américain (1785-1851) dont le moindre dessin vaut aujourd'hui une fortune n'a-t-il jamais dessiné, peint un cheval ?
La question méritait attention...
Cet homme a parcouru des milliers de kilomètres... à cheval pour observer, dessiner, peindre les oiseaux d'Amérique, a peint moult portraits de la gentry anglaise pour financer son imprimeur, a pleuré de toute son âme lorsqu'il lui a fallu vendre Barro, ce cheval "exceptionnel" dont le Journal et les Episodes vante les performances, a participé à des centaines de chasses en mondaine compagnie au Nouveau Monde...
Et rien, pas même l'ombre d'un sabot, d'une encolure...
Pendant ce temps ses (presque) contemporains Stubbs, Marshall, Grant immortaliseront le noble animal (et en vivront bien) outre-Manche, tandis que ses confrères français Delacroix et Géricault, davantage dans la tourmente des emportements, lui feront une place majeure.
Mais JJ Audubon, jamais...
Pas un volatile ne lui échappera, plus tard les Quadrupèdes, mais de canasson, pas l'ombre.
Parmi vous, les sourcilleux se récrieront que, lui, c'était cette faune sauvage qu'il voulait "retenir", décrire. Pas la Country.
Et certes cela est vrai !
Mais vous ne m'ôterez pas de l'idée qu'il aurait pu "nous" faire un petit croquis, une esquisse mignonne !
Trop proche de lui peut-être, trop familier...
Alors des sternes, des goélands, des canards, des loutres, des bisons en-veux-tu en voilà...
Le cheval, même non apprivoisé (il en croisera chez les tribus indiennes qu'il côtoie et qu'il apprécie), reste et restera un grand absent...
Je vous avais prévenus : j'ai le droit absolu de me poser des questions pour lesquelles je n'ai aucune réponse.
La fantaisie...
Une délicieuse lecture...


Benjamin Marshall (1768-1835) : Country Life en diable !

Bison à la Audubon.



samedi 29 septembre 2018

A dada !

Dans Fantaisies équestres, il y a... fantaisies (et autres).
Alors pourquoi, pour une fois, ne pas quitter les sphères culturelles z'équestres pour s'aventurer dans un registre plus léger.
Mais pas moins instructif, nous concernant, puisqu'il s'agit de deux chansons extraites de films (A pied à cheval et en voiture, de Maurice Delbez, 1957, et Sérénade au Texas de Richard Pottier, 1958).
S'il faut avouer que ces deux réalisations ne figurent pas au panthéon du 7e art, elles nous ont pourtant légué deux petits chefs-d'oeuvre interprété par le sublime Bourvil.
Avec sa voix immédiatement reconnaissable, sa gouaille dans les cordes vocales et sa légèreté délirante dans les paroles (à noter l'aparté, chanté, dans A pied... :
("Naturellement, ça doit vous épater que je fasse « hi-han » pour imiter le cheval, mais ce sont les auteurs qui m’ont dit que c’était une chanson d’avant-garde et, dans l’avant-garde, les ch’vaux font « hi-han », alors, il faut ce qu’il faut !"), l'humoriste honorait donc encore, au tournant des années 60, notre noble équidé.
Preuve qu'il était encore de toutes les mémoires, rurales évidemment, mais aussi urbaines (au moins dans les abattoirs et les boucheries chevalines).
Chanter le cheval (le ch'val) à quelques encâblures de la mode yéyé qui s'affirmera elle aussi dans les années 60 confirme bien qu'il fut un temps, pas si lointain, où deux mondes cohabitaient encore, pour quelques années, celui d'une mémoire sensorielle forte et celui, en devenir d'une jeunesse qui voulait oublier qu'elle était née à la fin d'une guerre mondiale.
Et comme le chantait si bien Bourvil (né André Raimbourg, en Seine-Inférieure) : "A ch'val : hi han !"

A écouter
https://www.dailymotion.com/video/xevvum
https://greatsong.net/PAROLES-BOURVIL,A-PIED-A-CHEVAL-ET-EN-VOITURE,101200337.html


jeudi 23 août 2018

Regrets équestres (mais pas seulement)

En 2013, un ami imprimeur m'appelle et me demande si je peux aider à la parution d'un ouvrage dénommé Galopin, le destrier pilier d'une politique de l'Eglise. 
De son côté, pour faire plaisir à l'auteur, Jacques Bougarel-Camps, il en a "sorti" une vingtaine d'exemplaires. Et j'en reçois cinq (chacun faisant 668 pages, donc 1,2 kg multiplié par cinq). Du lourd quoi...
Les bras m'en tombent un peu. 
Qui est ce Galopin ? 
La 4e de couverture (un truc de fainéant utilisé par tous les journalistes) va-t-elle m'en apprendre un peu plus ?
Je cite : "Galopin, dont la dénomination est un jeu de mots à visée herméneutique, est à traduire en Messager ou Envoyé de Dieu, se présente sous l'aspect d'une quête sur les chemins de l'imaginaire qui s'entrecroisent dans les cieux, à la recherche des symboliques allouées au cheval par l'onirisme de l'humanité toute entière, depuis Lascaux jusqu'au XXe siècle."
Bigre...
J'envoie ce 1,2 kg de savoirs foisonnants, désordonnés autant qu'immenses, à des éditeurs, des journalistes spécialisés. S'engageraient-ils à consacrer du temps à remettre en ordre cet ouvrage (l'auteur est vivant), à le publier ?
Les réponses sont tombées, assez sèches : trop de travail, pas assez de ventes à la clé, on a déjà donné...
En effet, l'ouvrage encyclopédique de Marc-André Wagner, Le Cheval dans les croyances germaniques. Paganisme, christianisme et traditions, ne s'est vendu qu'entre initiés...

Alors, au moins aller filmer ce vieux monsieur, vite ?
Un collègue travaillant dans l'audiovisuel me répond qu'il aimerait le faire, beaucoup (il est sincère, je le connais bien) mais que sa chaîne ne suivra pas.
Alors Galopin, faute de monter au ciel des librairies, a repris le chemin de mes étagères.
Et Jacques Bougarel-Camps n'a pas été interviewé ni filmé.
Je n'ai pas osé, moi (et c'était stupide) aller le voir, lui parler, alors même qu'il vivait à Châteauroux où j'ai gardé des amitiés.
Une bibliothèque, cette bibliothèque, est morte en février 2018.
Un vrai regret...



J B-C, maître de manège, bauchériste d'origine, travaillant Esculape, élevage de Gireugne, Indre.




 

lundi 9 juillet 2018

Grâces leur soient rendues...

A nos chevaux (ou tout équidé...) qui nous supportent.
Avec nos maladresses.
Avec nos volontés déchaînées.
Avec nos savoirs équestres toujours imparfaits, parfois même rudimentaires.
Avec nos précipitations, notre impolitesse.
Avec nos trahisons, nos promesses non tenues.

D'eux, j'aime leur nonchalance première, leur déhanchement d'adolescents quand on les laisse tranquilles, leur regard au lac immense, leur indifférence, leur curiosité, leur intelligence des humains.
J'aime qu'ils soient parfois domestiqués mais jamais domestiques, qu'ils apprécient carottes et pommes par nous amenées mais jamais autant qu'une pâquerette ou un brin d'herbe juste à côté.
Qu'ils apprécient l'été la douche mais jamais autant que la roulade qui vient juste après...
J'aime ces dialogues cœurs
à corps, ces échanges infinis dans une langue universelle...
J'aime, le soir venu, quand un peu de fraîcheur s'installe, entendre leur souffle, chanfrein dans le foin.
Un souffle (jetage diraient les scientifiques ?) qui nous offre un moment d'éternité.
Comme seuls en donnent ces veilleurs de nuit, ces guetteurs.
Grâces leur soient rendues. 
Grâces te soient rendues Master...





mardi 3 juillet 2018

Tournez manèges

Certes, le titre est facile. 
C'est l'été, la chaleur est là... 
Ce qui n'empêche pas un soupçon de culture !
Car, de l'Empire byzantin en passant par l'Italie de la Renaissance, la Révolution française (époque où l'on remplace les vrais chevaux par des figures en bois), ces équidés-là n'ont jamais quitté notre imaginaire.
Pas de lignée d'enfants qui n'ait rêvé de chevaucher ces galopeurs dont la chute était sans gravité.
Pas de parent qui n'ait revisité son enfance en regardant ces enfants ou ses petits-enfants les chevaucher encore et encore.
Parmi les sculpteurs les plus fameux, Gustave Bayol, Devos, Chanvin de Seigneley, Mathieu pour la France, Heyn, Muller et Hubner en Allemagne, Devos et Moulinas en Belgique et Savage, Orton & Sponner et Anderson en Angleterre.
Leur cote, sur les marchés internationaux de la brocante, témoigne encore de leur de leur génie créatif. C'est à eux que l'on doit ces sujets galopant, aux sabots ornés, aux colliers de marguerite, aux crinières s'envolant dans une course infinie.
Nombreux hélas furent ces chevaux qui finirent au feu... pour être remplacés par des chevaux de résine (ceux d'aujourd'hui), parfois de tôle peinte.












Mais qu'ils soient, depuis longtemps, côtoyés par des symboles de modernité (voitures, fusées) ou d'autres animaux, plus exotiques, ne change rien à l'affaire.
Génération après génération, il y aura toujours un enfant ou un ancien enfant pour rêver d'une chevauchée qui ne s'arrêterait pas, loin du monde bruyant.


   
"Tournez, tournez ! le ciel en velours
D’astres en or se vête lentement.
Voici partir l’amante et l’amant.
Tournez au son joyeux des tambours !"

Paul Verlaine, Romances sans paroles

A lire
Gourarier, Zeev, Manèges d’autrefois, Flammarion, 1991
Marchal, François et Fabienne, L’art forain, les animaux de manèges, L’amateur, 2002
https://www.poetica.fr/poeme-1247/paul-verlaine-chevaux-de-bois/

arts-forains.com
A suivre 
https://www.proantic.com/galerie/stephan-heliez-antiquites
www.yveslargillersculpteur.fr/sculpteur.html
http://cornettedesaintcyr.fr/flash/index.jsp?id=90853&idCp=124&lng=fr 
http://next.liberation.fr/culture/2011/09/08/l-art-forain-sort-du-bois_759685

http://www.maneges-sellier.fr/
Le jeudi 26 avril 2018 a eu lieu la vente des "100 ans d’Art Forain - Collection Marcel Campion".
A voir (absolument !)
Le musée des Arts forains (Paris Bercy)



lundi 9 avril 2018

"Le sombre génie des lieux"

Autant le préciser d'emblée, cette chronique doit beaucoup à Pierre Assouline.
Son titre notamment.
Parce qu'il est de ceux qui, avec un talent immense, un travail acharné, ont donné corps, souffle à l'indicible, à ce qu'on aurait voulu pour toujours invisible.
J'ai eu la chance (professionnelle) il y a quelques années de pouvoir faire un reportage sur la Société Hippique Nationale de l'Ecole Militaire. 
Chance redoublée de ce que j'assistais alors aux reprises à destination des cavaliers aveugles issus de l'Institut national des jeunes aveugles (INJA).
Disons-le tout net : c'était assez... sport !
Comprenez par-là que des chevaux vivant en boxes (il y a peu de prairies au coeur de Paris) faisaient de leur mieux, et fort sympathiquement, avec ces cavaliers dotés d'autres perceptions, se guidant sur la respiration, l'effort musculaire de leur monture.
Les chiens-guides attendaient tranquillement tandis que les pigeons s'en donnaient à qui mieux mieux sur le tas de fumier devant les écuries.
J'avais, moi, le privilège, l'insouciance de celle qui, sans être ni militaire ni élève cavalière, sortait du métro pour retrouver l'atmosphère tant aimée des chevaux, des stalles en bois (je préfère tout de même les chevaux à minima en paddock), du fumier, de la musique des fers sur les pavés. Le tout dans un environnement exceptionnel.
Une fierté sans doute un peu niaise d'avoir été accréditée, "d'en être", pour quelques heures.
Et de revenir, en invitée, assister depuis les gradins, aux concours de la Saint-Georges dans le manège historique dit "manège Bossut", du nom du commandant Louis-Marie Bossut, brillantissime cavalier, mort au combat le 16 avril 1917. 
Sous la citation du pape Pie XI (dont j'ignorais totalement qu'il fût épris de cheval), "La civilisation profonde d'un peuple se révèle tout naturellement dans sa culture équestre."
Ce pape qui refusa de recevoir Hitler au Vatican.
Et d'y renifler cette délicieuse odeur de bois, de poussière, d'y encourager des cavaliers qui ont toujours faits de leur mieux avec des chevaux, disons, un peu fébriles.
Une sensation délicieuse de faire partie de ces "happy few", d'un "entre soi", entre crottin, métro, encolures à flatter.
Et puis, un jour, voir cette plaque et en garder la gorge nouée, aujourd'hui encore.
De ne plus pouvoir ignorer cette ignominie.
Le sort abject de ces hommes dans une Ecole militaire réquisitionnée par l'armée allemande le 8 septembre 1940.
Cinq semaines après l'entrée des troupes allemandes dans Paris.
Depuis, j'y suis retournée.
Je suis restée sur le seuil du manège, environnée par l'effroi qu'ont pu ressentir ceux qu'on a arrachés à leur vie, entassés là, ceux qui, peut-être, ont cherché la lumière au-delà des murs.
Je veux croire que le souffle des chevaux qui arpentent à nouveau le manège depuis des décennies nous relient à ces 743 "personnalités juives françaises" qui ont ensuite fait le trajet immonde vers Royallieu puis Auschwitz. 
D'où ils ne sont pas revenus.
Souffle de vie... 

« L'antisémitisme est inadmissible. Nous, chrétiens, nous sommes spirituellement des sémites. » Pie XI.


Cette plaque commémorative se situe à l'extérieur, côté avenue Duquesne.

Reprise des cavaliers de l'INJA...

Cavaliers guidés par les chevaux.

"La civilisation profonde d'un peuple se révèle tout naturellement dans sa culture équestre." Pape Pie XI
A lire/A suivre
https://www.manege-ecole-militaire.fr/section-%C3%A9questre-militaire/
http://www.occupation-de-paris.com/2014/01/l-ecole-militaire-de-paris.html
Ville lumière, années noires, Cécile Desprairies, préface de Pierre Assouline, Editions Denoël, 2008

dimanche 25 mars 2018

Des mains et des chevaux

Un billet sur les aides ? 
Une version (médiocre) décrivant mal ce que montrait fort bien Jean d'Orgeix dans ses vidéos ? 
Ou tant d'autres érudits équestres ?
Que nenni !
Il s'agira de la langue des signes française (LSF) et de la trace visuelle d'un monde où le cheval était sous les yeux de chacun, sourd ou entendant (à ce propos vous relirez utilement Le maître de poste et le messager). 
Qu'il s'agisse du monde rural ou du monde urbain.
D'ailleurs MA bible..., le Dictionnaire étymologique et historique de la LSF, représente sur sa couverture un cavalier faisant son coq, tandis qu'un père le désigne à son fils en faisant le signe français "Monsieur" (qui deviendra le signe américain pour "Papa").
Un... signe, comme on dit...
Mais d'abord quelques repères destinés à ceux qui ne signent pas couramment... 
Dans "la langue gestuelle [devenue langue des signes] ce que l'on dit est produit par le corps et ce qui est dit par autrui est reçu par les yeux" (ça ne vous rappelle rien ?).
"[...] la création lexicale procède avant tout de la stylisation d'objets concrets avant d'être investis de sens figuré, permettant cet accès à l'abstraction que l'on a longtemps déniés aux sourds et à leur langue".
Apprentie signeuse depuis des années, je me demandais quelle pouvait être la place figurée du cheval (en dehors des signes concrets "Cheval", "Cavalier"), dans quel contexte linguistique.
Je l'ai d'abord repérée dans la position de la main dite "clé" devant le buste, qui prend sa source dans l'image des rênes.
Vint ensuite un vocabulaire étrangement évocateur.
Attention (faire) : le signe répandu jusqu'à la fin du XIXe siècle est celui du cavalier ou du cocher qui tire les rênes vers lui. Aujourd'hui ce signe se fait au niveau des yeux.
Courage : les mains fermées se déplacent horizontalement, devant le buste. Dans certaines régions le signe s'achevait les mains ouvertes, signifiant qu'on lâche les rênes parce qu'on est arrivé au bout de la course (désignant alors l'idée de réussite).
Commencer : le signe actuel (index et majeur en V enfourchant horizontalement l'autre main, horizontale aussi) stylise le geste d'enfourcher un cheval ("avoir le pied à l'étrier", "être sur le point de partir").
Diriger : l'aspect visuel est plus facile à repérer. Les mains guident et se déplacent comme elles le font avec les rênes que l'ont tient pour conduire une voiture (à cheval...).
Plus inattendu, Jaloux : l'index est mordu (symboliquement...), exprimant par-là qu'on ronge son frein (le mors), qu'on éprouve du dépit face à une situation qui n'est pas celle qu'on espérait.

Je vous vois venir (restons dans le visuel !) : c'est tout ? si peu ?
A cela, plusieurs réponses, dont l'une se trouve dans la modestie de mon propre vocabulaire signé.
La deuxième a trait au fait que la langue des signes se prête peu aux métaphores (très nombreuses autour du cheval dans la langue française orale et écrite).
La troisième trouve sa source dans des événements concomitants : en 1880, le Congrès de Milan (voir A lire) signifie l'interdiction de l'usage de la langue des signes dans la scolarité des enfants sourds, ce qui perdurera en France jusque dans les années 1970. Dans cette même période (très longue) la présence du cheval disparaîtra elle aussi progressivement de nos paysages, effaçant ainsi une référence visuelle.
Enfin, il n'y a pratiquement pas encore, aujourd'hui, de recherches sur la vie sociale des sourds (alors qu'elles sont nombreuses sur le plan de la linguistique). Les traces écrites sont rares (évidemment !), et, souvent, quand elles existent, sont très régionales (donc peu partagées sur un autre territoire, parfois éloigné de seulement quelques kilomètres).
Le peu que l'on sache, c'est que les hommes sourds ont parfois été orientés vers des métiers parmi lesquels maréchal-ferrant, forgeron, garçon d'écurie ; que la surdité était un obstacle majeur pour accéder à l'armée (et donc être dans la cavalerie ou l'infanterie) ; enfin que la relation personne sourde/cheval s'est faite (probablement majoritairement) à travers le monde agricole. 
Sur lequel le monde des historiens se penchera tardivement.

Alors un billet pour si peu ?

J'y vois moi un autre lien, constant. 
Celui de la main du cavalier, qui guide, qui aide, qui communique, qui accompagne. 
La main qui relie, qui fait signe, qui fait sens.
La main qui flatte, qui récompense.
La main qui raconte, qui cherche l'histoire d'un corps.
La main qui écoute...
La main qui récite...
Et nos regards aussi, qui racontent un monde qui n'a pas besoin de bruit pour exister.










A lire/A voir
Sur le congrès de Milan : https://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2008-2-p-83.htm
Dictionnaire étymologique et historique de la langue des signes française, Yves Delaporte, éditions du Fox, 2007
https://www.france.tv/france-5/l-oeil-et-la-main/345105-yves-delaporte-chasseur-de-signes.html
Le maître de poste et le messager, Patrick Marchand, éditions Belin, 2006

jeudi 15 mars 2018

Au cheval russe inconnu

Il y a quelques semaines, je parcourais les bords de Seine inondés à la recherche de mes statues équestres du cours La Reine (au pied du Grand Palais), histoire de voir si elles avaient leur piédestal dans l'eau. Car oui, retrouver les augustes Simon Bolivar, La Fayette ou le royal Albert 1er roi des Belges en train de faire trempette eût été un indicateur autrement plus alarmant que le plébéien zouave du pont de l'Alma...
Et quelle n'est pas ma surprise de découvrir (vous jugerez de mon égocentrisme) qu'on m'en avait rajouté une, en 2011, sans m'en avertir...
Celle sculpture a été réalisée par le sculpteur russe Vladimir Sourovtsev pour honorer les soldats (russes) combattants en France lors de la Première Guerre mondiale.
Inaugurée en grands sabots par deux illustres Premiers ministre : M. François Fillon et M. Vladimir Poutine (oui, il n'était pas tsar de toutes les Russies démocratiques cette année-là). Ce dernier ayant ce jour-là un emploi du temps de... ministre dont vous prendrez agréablement connaissance dans le lien historique d'Artcorusse (voir A lire).
Donc balalaïkas, choeur du monastère Sretenski de Moscou et bénédiction par Monseigneur Nestor de Chersonèse. Un coup à pas pouvoir dormir pendant la cérémonie !
Je reviens à ma découverte le jeudi 1er février 2018...
Le nez en l'air en raison de la position éminente des trois cavaliers précités, j'ai bien failli me prendre les pieds (enfin, presque) dans l'encolure d'un cheval qui, quoique en bronze, est pratiquement à hauteur d'homme ou de femme, en train de chercher une paquerette à brouter (dans une démarche digne de la Charte sur le bien-être équin). 
Son cavalier s'occupe à peine de lui, tout occupé à faire le crâneur à côté, planté dans ses superbes bottes dignes des ballets Moïsseïev (avec plein de trémas, ça fait plus chic) et portant beau cette tunique qui a fait la gloire des cabarets russes il y a... un siècle.
Moins une et j'apportais à ce cheval sa ration de foin, de l'eau et, pourquoi pas, quelques carottes.
Oui, j'avoue (avant d'historiques et pertinentes digressions), c'est de loin (il y aurait dans Paris plus d'une centaine de statues équestres [je vais aller les recompter, rassurez-vous] et j'ai bien dit statues et pas frontons, bas-reliefs, hauts-reliefs, peintures...) la représentation d'un cavalier et de sa monture (non montée) la plus émouvante que j'ai pu croiser dans Paris.
Ce cheval, il est là, à portée de notre main, avec cette encolure qu'on a envie de caresser, ces mots qu'on a envie de lui murmurer pour savoir s'il va bien.
Libre, paisible, sans selle, sans étrier, sans mors agressif. Il est simplement là, un cheval. En plein Paris. 
En vérité (et voilà mes digressions historiques et pertinentes), j'ai décidé, moi, qu'il rend hommage aux  chevaux des troupes impériales russes (à un an près elles étaient révolutionnaires) parachutées (si je puis dire) en 1916 en pleine boucherie (les chevaux survivants, fort peu, à la fin de la guerre y partiront) quelque part dans la riante Champagne assiégée. 
C'est peu de dire d'ailleurs que le transport des hommes et chevaux a relevé d'un parcours apocalyptique (en très gros, ils rallieront le golfe de Corée [depuis les immensités russes] par voie ferrée puis continueront par bateau jusqu'à la France).
Faut-il vous raconter la suite ? 
Ces chevaux-là et leurs cavaliers paieront un tribut immonde, les hommes étant de plus partagés entre loyauté à l'Empire et loyauté à la Révolution naissante dans leur pays (mutinerie de La Courtine, expéditions en Algérie...).
 Les chevaux, eux, vivant et mourant dans la peur, l'incompréhension d'un univers qui n'est supportable pour aucun "être sensible".
Et, une fois encore, nos politiques les ont oubliés sur la plaque qui figure sur le monument : "À la mémoire des soldats et officiers du corps expéditionnaire russe ayant combattu sur le sol français entre 1916 et 1918. La France et la Russie reconnaissantes". 
Ce jour de février 2018, j'ai pensé à tous ces chevaux crevés pour que nous ne vivions pas sous le joug d'une puissance ennemie, que nous soyons libres.

"Aux [...] chevaux éventrés par les obus,
crevés de misère et de fatigue
empoisonnés par les gaz, vomissant leurs entrailles
dans la boue et dans le sang
en attendant d'être dépecés par les hommes affamés."
Ernst Johannsen, Cheval de guerre, 1929
Cité par Eric Baratay, in Bêtes des tranchées, 2013

Alors, libre à nous face à ce cheval paisible, de leur rendre justice, en lui murmurant que les bêtes ne sont pas celles qu'on croit. Et qu'il est beau.

A lire 
Les chevaux de Paris, photographies de Rosine Mazin, texte de Marc Gaillard, Editions Hermé, 1986
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_statues_%C3%A9questres_de_Paris 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheval_durant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale
https://fr.wikipedia.org/wiki/Corps_exp%C3%A9ditionnaire_russe_en_France
http://www.france24.com/fr/20160416-grande-guerre-arrivee-corps-expeditionnaire-russe-france-brigade-mutinerie-bolchevique
http://artcorusse.org/corp-expeditionnaire-russe-monument-a-paris/ 







mardi 6 mars 2018

1942 : la tragédie de l'amazone

Il y a, à Paris, une magnifique demeure, désormais Musée Nissim-de-Camondo.
Jouxtant le parc Monceau (8e arrondissement), c'est un plaisir immense que de s'y promener avec le superbe livre de Pierre Assouline à la main (Le dernier des Camondo).
Et de repérer dans la cour écurie et remise.
Mais, sous la voûte, avant de se livrer aux délices de cette visite, une plaque, effroyable : les héritiers de cette demeure sont morts déportés à Auschwitz.
J'aime cette maison, elle me touche profondément. 
Mais peut-être plus encore le sort, la folie de Béatrice de Camondo, épouse Reinach, me bouleversent.
Béatrice a une passion dans sa vie : l'équitation. Dont elle dira que ses folles chevauchées (elle monte en amazone, chasse à courre, est au Bois [de Boulogne] tous les matins) l'emportent hors du monde.
Cette passion qui lui permettra, douloureusement, de surmonter la mort de ce frère tant aimé, Nissim, mort "pour la France" le 5 septembre 1917.
Une passion d'autant plus forte qu'elle est quasi sourde, ce qui contribuera sans doute largement à ce qu'elle ne veuille pas "entendre" (comprendre ?) ce que ses amis lui disent dès 1939 : les Nazis haïssent les Juifs, il faut partir.
Elle, l'héritière richissime, convertie au catholicisme, elle dont le frère est mort pour la France... Elle qui est française, contrairement à "ces Juifs immigrés"...
Folie ? Inconscience ?
Pierre Assouline notera avec une infinie justesse qu'elle est « plus israélite que juive, foncièrement française et aristocrate à sa manière, sûre d’elle et assez snob...".
Elle ne peut pas ne pas savoir... 
Décrets, ordonnances, spoliations, nouvelles arrivant d'Allemagne nazie, témoignages d'amis juifs ayant réussis à fuir, in extremis, se succèdent depuis... 1936.
Ignorant ces atroces échos, elle monte à cheval tous les matins dans les allées du bois de Boulogne, portant l’étoile jaune, obligatoire depuis juin 1942, et participe à des concours hippiques avec des officiers allemands. (source Wikipédia)
Drancy d'abord...
Le 20 novembre 1943, le convoi n° 62, dont Léon [Reinach, son mari], Bertrand et Fanny [leurs enfants] font partie, emmène 1 200 Juifs vers la mort; il arrive cinq jours plus tard à Auschwitz. D’après le récit de survivants de ce convoi, Léon et Bertrand auraient été supprimés parmi les premiers, Fanny aurait succombé au typhus peu après. 
Béatrice fait partie du convoi n° 69 du 7 mars 1944 qui compte 1 501 personnes et atteint Auschwitz le 10 mars. Elle y serait morte quinze jours avant l'évacuation du camp par les Allemands devant l'approche des troupes soviétiques (source Wikipédia).

A chacune de mes visites (nombreuses), je reste un moment devant cette plaque.
Je pense à cette incroyable femme, arrogante, folle de ses chevaux, enivrée de ses talents de cavalière, arborant pourtant son étoile de l'infamie aux milieu d'autres cavaliers, allemands...
Elle qu'aucun pur-sang n'aura pu protéger de l'ignominie nazie ni des affreuses connivences françaises.
Tragique amazone...

A lire
Le dernier des Camondo, Pierre Assouline.








vendredi 2 mars 2018

Le crottin c'est trop génial

Une suite tout à fait logique, après les décrottoirs !
Je ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler la place qu'il tient dans nos vies équestres !
Qu'il sorte (surtout quand on a fini de nettoyer boxes, paddocks) et nous (je) râlons !
Qu'il ne sorte pas et... nous paniquons...
J'ai, pour ma part (et je ne vous les infligerai pas), une quantité (agricole) de photos des crottins de Master (pour transmission au véto) dans tous leurs états (frais, demi-frais, semi-liquide...).
Et je ressens une pointe de nostalgie en me remémorant que j'étais chargée (et terrifiée), petite fille, d'aller ramasser ceux des chevaux de trait bretons à Irvillac (Finistère Nord), parce que, disait ma grand-tante, institutrice très à l'ancienne, "c'est bon pour les rosiers". 
Mais j'avoue que le cul de ces chevaux-là, par ailleurs tout à fait bonasses (les chevaux), me faisait très peur.
D'accord, je suis fêlée. Mais il y a pire que moi et j'en ai la preuve !
En 2011 (2012 ?) Jean-Louis Gouraud toujours lui !) publiait Eloge du crottin, sur papier pur... crottin, avec des textes de Patrick Grainville, Jérôme Garcin, Bartabas, Tomas Ingi Olrich, André Veltier, Bernard du Boucheron, Jean Paul Guerlain, Jean-Loup Trassard, Sylvain Tesson, Christian Delâge, Jean-Noël Marie ou Jean-Pierre Digard, chacun faisant l’éloge de « la formidable forge des fesses de la plus somptueuse créature de la terre ».
Le prix était de 360 €, ce qui en fait, à plus d'un titre, un ouvrage... culte !
Pour ma part, modestement, j'ai juste une voiture qui embaume (qui "pue" dit le mari, inculte) le crottin, que je ne nettoie pas pour ne jamais oublier cet inestimable parfum...

A lire/A suivre
http://www.moulinapapier.com/images/stories/livre-eloge.du-crottin.png
https://educalingo.com/fr/dic-fr/crottin 


2009, le crottin de luxe, à Vincennes.

vendredi 23 février 2018

La complainte des petits décrottoirs

Scellés (le plus souvent dans les murs) les décrottoirs font partie de ce patrimoine d'autant plus invisible que, situés à hauteur de pied, ils faisaient partie de ces ornements utilitaires qui répondaient à une mémoire procédurale (celle dont on se sert pour passer les vitesses par exemple), c'est-à-dire se débarrasser de la boue, du crottin.
En un mot, ils procédaient d'une fonction hygiénique (le miasme, la matière, l'odeur restant hors les murs des maisons).
Ceux que j'ai rencontrés (mais oui) font partie des décrottoirs humbles, modestes, souvent commandés à moindre coût dans les catalogues des fonderies.
Aujourd'hui inutiles (en ville ou village), ils ont subi bien des aléas, sont abimés, tordus, méprisés, voire insultés par les passants avinés qui passeraient trop près du mur.
Pourtant, sans eux il n'était pas question de rentrer dans la maison.
Mais voilà, à eux la chaussure sale, empuantie, sans qu'on daignât baisser l'oeil sur eux.

Pour parodier La complainte des petits cabinets, délicieuse chanson des Frères Jacques, 
on pourrait chanter
Car nous ne sommes que les petits [décrottoirs] cabinets,
Les petits [décrottoirs] cabinets de province
Ceux que l'on évince
Eh bien soit ! Nous acceptons la guerre
Et nous serons les prolétaires, les prolétaires.


Les décrottoirs de ville, eux, ont eu leur heure de gloire, de design dirait-on aujourd'hui. 
A preuve, cette exposition la bien nommée 1 000 décrottoirs, organisée à Bruxelles en 2011, où figuraient des photographies de trouvailles extraordinaires, témoignant de ce que cet objet n'a pas toujours été un objet de mépris, loin de là !

Alors dans vos déambulations, baissez les yeux et cherchez-les du regard. Ils ont bien mérité qu'on prenne un peu de temps pour eux, qui ont tant supporté de semelles et de crottes !



A lire/A savoir
http://www.lepoint.fr/culture/grandeur-et-decadence-du-decrottoir-17-08-2011-1363406_3.php
https://www.cehibrux.be/chroniques/visites-conferences-livres/125-1000-decrottoirs-

A voir 
La page de l'inventaire des décrottoirs : http://cfpphr.free.fr/decrottoir.htm
https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/tu_duch_1896_pl309-decrottoirs-grilles-gratte-pieds/ 

Rendre à César...
La dernière photo (Charleville-Mézières) est extraite
https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Dietmar_Rabich

Document e-monumen catalogue de la fonderie de Tusey (Meuse)

Modeste décrottoir à Nissan-les-Ensérune (Hérault)

Idem


Idem

Idem

Idem (mais bien coincé aujourd'hui !)

Idem


Le luxe à Charleville-Mézières

mercredi 21 février 2018

Boute-roues, bouteroues, chasse-roues et consorts...

Chers lecteurs/Chères lectrices
Quel soulagement pour vous de lire enfin ce billet annoncé... il y quelques jours et par devers moi gardé !
Et quelle déception, pour moi, d'avoir passé tant de temps à trier mes archives et à trouver si peu d'informations et de photos desdits boute..., chasse...
Mea maxima culpa !
Mais qui s'explique, anthropologiquement, sociologiquement (rien que ça), mécaniquement.
En effet je suis, comme vous, jusqu'à preuve du contraire, une bipède dont le regard est donc juché à une certaine hauteur (je vous maintiens dans l'ignorance).
Par ailleurs plutôt motorisée, donc entre cheval vapeur (ch) et chevaux fiscaux (CV) (le cheval-vapeur est une unité de puissance ne faisant pas partie du Système international d'unités, qui exprime une équivalence entre la puissance fournie par un cheval tirant une charge et celle fournie par une machine de propulsion à vapeur ou un moteur à combustion). Et toc (Wikipédia) !
J'y arrive ! Fascinée par les portes, les mangeoires, les rateliers..., j'ai donc purement et simplement ignoré (ou méprisé) "cette pièce métallique ou en pierre située au pied d'une porte cochère ou d'un mur et qui est destinée à empêcher les roues de détériorer le mur. On le désigne également par boute-roue ou bouteroue et il a parfois pour synonyme garde-grève (garde-heurt en Normandie)".... (Wikipédia, toujours).
La faute est grande je l'avoue, et mes archives pauvres.
Bien sûr, j'aurais pu me précipiter à Montpellier mais les températures glaciales qui règnent ces jours derniers m'ont quelque peu découragée.
Nota : dans un élan quasi-sacrificiel, je vous ai fait quelques photographies de boute... à Nissan-les-Ensérune, cette après-midi même, rongée par le remords. Vous y remarquerez la rusticité des dispositifs, cette commune ayant peu à faire valoir de côté là, riche jusque dans les années 1970 d'une activité viticole plutôt florissante. Lourds, massifs, petits, plus hauts, bruts de décoffrage... Seuls les décrottoirs auront l'honneur de la ferronnerie.






Dieu merci, à ma belle surprise, d'aucuns n'ont pas eu ni ce mépris ni cette ignorance.
Grâce à leurs travaux, recherches, arpentages, notes de bas de page, on trouve des merveilles.
J'ai donc une pensée très reconnaissante à leur égard, et pleine d'admiration pour ces cochers d'attelage qui se livraient à un exercice terriblement périlleux, celui de devoir faire tourner et rentrer telle ou telle voiture attelée à des chevaux (êtres sensibles par excellence) dans des espaces dont la géométrie défie parfois l'imagination. 
Pour les passagers aussi qui, trop heureux d'être arrivés enfin à bon port, subissaient in fine quelques solides secousses renvoyées par un moyeu en proie audit boute...

A toutes fins utiles, j'ai mis un lien vers une bibliothèque concernant l'attelage. 
Un avertissement (je suis bonne copine) : si, par mégarde, vous commencez, à vouloir vous instruire dans ce domaine, vous en avez juste... pour les cent cinquante prochaines années à apprendre, comprendre des propos bourrés d'érudition, rédigés par des chercheurs, passionnés, fondus capables d'aller chercher au fond d'une déchetterie en Basse-Moldavie quelque tréport ou arc-boutant (débrouillez-vous...). 
Ils sont redoutables MAIS passionnants.
 






Trois bouteroues piscénois.

Sur catalogue

Détournement intrépide parce qu'il n"est jamais garantit que les esprits  les esprits ne cherchent pas à se venger.
Pierre menhir de Palluel (Nord, enfin Hauts de France). 


Note sur le détournement intrépide de Palluel : il n'est jamais garanti que les esprits ne cherchent pas à se venger.


A lire/A consulter
http://cfpphr.free.fr/chasseroue.htm (photos sublimes)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse-roue (excellent article)
https://e-monumen.net/ 
http://attelagepeda.info/Bibliotheque.html